La jungle Thailandaise
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La jungle Thailandaise




La jungle Thailandaise

Finies les plages de rêves, j’avais envie de l’ombre reposante de la jungle. Je me suis donc dirigé vers le parc national de Khao Sok, au Sud de la Thaïlande.

Arrivé sur le campement, composé de huttes en bois plantées en hauts des arbres, je suis accueilli par la pluie. J’aurais plusieurs fois l’occasion de remarquer que le nom de « Rain Forest » n’est pas volé. Ça me donne le temps de me renseigner un peu sur la jungle qui nous entoure.

Rain Forest

D’après le propriétaire du campement il n’y a aucun danger particulier. Les tigres et les éléphants se tiennent éloignés de l’agitation des hommes. Le seul désagrément est les « sangsues », mais qui ne sont pas vecteurs de maladies. Fort de ces conseils je me dirige derrière le campement pour une première approche. Le proprio m’a indiqué une balade d’une heure, je dois suivre un petit ruisseau, puis le traverser et longer le pied d’une falaise.

Très honnêtement, je ne suis pas fier. Le chemin est faiblement visible à travers la végétation. J’ose à peine poser le pied par terre, et je ne touche à rien car je m’attends aux plus terribles insectes. Même quand je perds l’équilibre je ne me raccroche pas aux lianes ou aux troncs.

L’endroit est tout à fait conforme à l’idée que les films d’aventure tel « Indiana Jones » et autres « À la recherche diamant vert » m’en ont donné. Mais je me sens plus dans le rôle de la bonne femme effrayée de tout que dans celui du courageux aventurier. Cette végétation luxuriante, ces lianes traînant partout, ces larges feuilles de palme cachent sûrement des mygales, fourmis rouges ou autres serpents mortels. Je ne serais guère étonné de voir débouler des indigènes mangeurs d’homme l’arc à la main. Mon proprio a l’air de savoir que les tigres ne viennent pas là, mais les tigres le savent ils, eux ?

J’avance prudemment, alerte à chaque bruit. La forêt est tout sauf silencieuse, ce qui peut être autant relaxant qu’inquiétant dans mon cas. Je suis proche de bûcherons qui doivent couper des bambous. Pourtant je n’arrive pas à les rejoindre. Il me faudra longtemps pour me convaincre que ce ne sont pas des scies que j’entends mais des insectes ! ! Le bruit est exactement celui d’une scie circulaire, et la puissance identique. Impossible de s’imaginer que ça provient d’une bestiole de 5 cm de long.

La seule chose qui ne m’effraie pas, ce sont les magnifiques papillons.

De retour au campement je découvre avec horreur ce qu’est une sangsue. J’en ai une d’environ 4 cm, gonflée comme un éclair au chocolat qui gesticule à ma cheville. Je m’empresse de l’enlever et le sang se met à couler abondamment.

Les sangsues

Il me faut que je fasse ici un aparté sur les sangsues pour décrire tout le dégoût qu’elles m’inspirent. La sangsue est donc un vers noirâtre et visqueux qui vit caché dans les feuilles basses ou dans l’eau. Elles peuvent mesurer de 5 mm à 46 cm (cf. Encarta 2003). Elle est munie de ventouses à ses deux extrémités. Quand on marche, elle s’accroche et grimpe le long du pied jusqu’à ce qu’elle trouve une veine appétissante pour y plonger sa tête. Alors à ce moment elle aspire autant de sang qu’elle peut puis s’en retourne dormir quelques mois. Il est parfois tellement difficile de s’en défaire qu’on est obligé de la brûler avec une cigarette. Mais ce n’est pas parce qu’on lui a colle une grosse claque qu’elle s’avoue vaincue. Une fois à terre, elle se tient debout sur son pied, menaçante, et cherche avec sa tête, fine comme une trompe, à remordre aussitôt. On l’enlève souvent pour se la retrouver de suite ailleurs.

Randonnée dans la jungle

Le lendemain je repars pour une promenade plus longue avec Sybille, une allemande dont le nom est plus joli que la personne.

Les 3 premiers kilomètres de ballades sont un large chemin très rassurant. Puis on attaque un sentier plus intéressant, vraiment au cœur de la jungle, longeant une rivière. On ne voit guère d’animaux si ce n’est de jolis lézards, des papillons ou même un crabe aux teintes bleutées qui tentera de nous barrer la route. Par contre la végétation est magnifique, imposante et dense. On passe successivement des forêts de bambous qui sont aussi immenses que fins, aux forêts d’arbres majestueux, sûrement plusieurs fois centenaires, dont les racines s’étendent à leurs pieds dans un embrouillamini compliqué. De larges lianes barrent la route, ou bien est-ce des racines, impossible à dire dans cet enchevêtrement.

La chaleur est pesante, nous marchons lentement et à 13h, on n’a parcouru que 6 Kms. On se repose près d’une vasque que la rivière forme au pied d’une petite falaise. Après le repas j’en profite pour faire une petite sieste dont le réveil sera brutal. Des grondements se font entendre. Non ce n’est pas le tigre, mais l’averse quotidienne qui s’annonce à nous. Rapidement on protège nos appareils photos et documents dans des sacs plastiques, et on s’apprête à repartir. Je suis vaguement inquiet : il nous a fallu 4 heures pour arriver ici. Il est déjà 14h, et nous sommes fatigués. Je me rappelle un des conseils proprio : « Quand la nuit commence à tomber, dans la jungle on ne voit déjà plus sa main ». Le retour se fait donc au pas de gym.

de la pluie, toujours de la pluie !

La pluie tombe drue. Les croassements, caquètements et autres sons de la forêt ont laissé leur place au concert des gouttes de pluies sur les feuilles. On est entouré par cette musique sourde comme le grondement d’un fleuve charriant son lit de gravier. Passées les 5 premières minutes désagréables, on commence à détendre et à apprécier la beauté nouvelle de la jungle. De toute manière on ne peut pas être plus mouillés ! Les feuilles brillent de tout l’éclat de ces perles d’eau, le vert parait plus intense, scintillant même. On admire aussi le fleuve qui semble bouillir sous cette avalanche d’eau. Les petits sentiers du matin se transforment en ruisseaux, et il faut bien se tenir aux lianes quand on doit grimper à travers ces chutes d’eau.

Le seul inconvénient de la pluie, c’est que ça réveille les sangsues. Alors qu’on n’en avait pas eu à l’aller, Sybille est bientôt à sa 10ème. Dès qu’un grattement se fait sentir, on inspecte furieusement nos sandales, car souvent elles se cachent sous les lanières. Tout à coup Sybille se fige, je sens qu’elle retient un cri. Elle passe sa main impudiquement sous sa jupe, puis carrément la relève. Une sangsue est montée tellement haut, qu’à 3 cm près il aurait fallu appeler un gynéco. Je ne rigole pas car peu de temps après j’en trouve deux à mi cuisses. J’enlève carrément mon pantalon pour une inspection complète.

La plus grosse fleur du monde

Toute cette tension fait qu’on rejoint le camp en 1h30. A peine posé, le proprio nous propose d’aller voir la plus grosse fleur du monde, la « Raffelasia ». Un guide en a découvert deux non loin de là. Comme on doit y aller en 4x4, je me laisse tenter. Ce que je ne savais pas c’est qu’il y avait malgré tout une heure de marche ! Malgré la fatigue j’apprécie la promenade au milieu des hévéas, l’arbre à caoutchouc. On verra aussi les presses que les agriculteurs utilisent pour transformer le caoutchouc en larges feuilles qu’ils envoient ensuite à l’usine de transformation.

La Raffelasia est une fleur très étonnante, sortie d’un mauvais film de science fiction. On a du mal à s’imaginer que c’est réellement une plante. Elle est difficile à voir car elle met 6 mois à pousser et n’est en fleur qu’une semaine. Mais c’est alors l’aubaine pour les guides touristiques.

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