Séjour au Québec : l’anglais est-il devenu indispensable ?

lundi 16 mars 2015

Séjour au Québec : l'anglais est-il devenu indispensable ?

Depuis quelques années nous constatons que le nombre de québecois anglophones ne cesse d’augmenter. Dans cet article nous allons essayer d’analyser cette évolution démographique pour se rendre compte s’il est aujourd’hui absolument indispensable de parler anglais lors d’un voyage au Québec.

Selon Jack Jedwab, le directeur de l’association d’études canadiennes, le recensement effectué dans la province en 2011 montre une croissance continue des communautés anglophones du Québec. Si on se fie aux métriques affichés par les pourcentages, l’augmentation du nombre d’anglophones ne semble pourtant pas significative puisque la communauté linguistique n’aurait pris que 0.1% entre 2006 et 2011 (de 10.6% à 10.7%) et pourtant, ramenée en chiffres réels, cette augmentation concerne tout de même 47.000 nouveaux locuteurs. Au final, en 2011, plus de 830.000 personnes déclaraient l’anglais comme étant leur langue maternelle.

Pour tout dire, il n’y avait pas eu autant d’anglophones au Québec depuis plus de 30 ans !
Un pic avait été atteint au début des années 1970 avec 887.895 locuteurs anglophones, mais au cours de la décennie 70 et principalement à partir de 1976, une partie significative des locuteurs anglais du Québec avait quitté la province pour rejoindre les métropoles anglophones du pays principalement. Ainsi, lors du recensement de 1981 ils ne représentaient plus que 806.785 personnes. A partir de cette époque le nombre d’anglophones a progressivement baissé pour atteindre à peine 750.000 en 2001. Cependant un virage semble s’être amorcé au début des années 2000, la part augmentant progressivement pour atteindre donc aujourd’hui plus de 830.000 anglophones.

Ceci nous fait dire que contrairement à ce que peuvent régulièrement annoncer les canadiens francophones, les anglophones ne quittent pas massivement la province, au contraire même. Il faut toutefois apporter une explication à cette augmentation. Il ne s’agirait pas là tant de migrants anglophones, mais plutôt de la prise en considération dans les chiffres des québecois anglophones de deuxième génération. Il faut alors pondérer notre augmentation (entre 2006 et 2011) puisqu’en réalité, le nombre de personnes annonçant ne parler qu’anglais a baissé de 9.000 personnes. Aussi, si l’on s’en tient exclusivement à Montréal, notons que le pourcentage d’anglophones serait passé de 11.1% en 2001 à 9.9% en 2011. Or, ceux qui parlent anglais et une autre langue à la maison ont augmenté de plus de 5% sur la même période. On remarque la plus forte augmentation de l’anglais comme langue maternelle dans la région de Gatineau, ce qui s’expliquerait selon certains analystes par un boom immobilier dans le secteur et le fait que la vie soit moins couteuse à Gatineau (qui se trouve assez proche d’Ottawa) que dans l’Ontario.

Pour conclure, nous pouvons dire que les voyageurs francophones ne seront pas du tout perturbés ; bien évidemment le français reste la langue principale dans la province de Québec. Cependant il faut noter que les purs anglophones sont bel et bien présents et stables. Que le niveau d’anglais pratiqué est globalement excellent et donc qu’il ne serait même pas superflu d’envisager de prendre des cours d’anglais à Montréal où la culture anglophone est plus que présente.

Si vous désirez en savoir plus sur le sujet et surtout consulter les chiffres notifiant ces évolutions démographiques, savoir dans quels coins on trouve le plus d’anglophones etc ... nous vous conseillons vivement la lecture de l’article de l’université de Laval dédié à la question, ou encore l’article sur les anglo-québecois proposé sur Wikipedia.

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